L’inconscient et ses ressources : la mort symbolique

religa4c

Totem et tabou, peut-être ce titre vous dira-t-il quelque chose, c’est le nom donné à un livre de Freud en 1913.

Aujourd’hui j’aurais voulu m’entretenir avec vous du Totem (symbole) et du tabou (la mort). Si les choses ont bien changé dans la manière d’entendre la façon dont fonctionne l’inconscient notamment en raison de l’avancée des neurosciences et de la neuropsychologie, l’inconscient lui est intemporel : il fonctionne au symbole, il se nourrit de symboles.

Qu’est-ce qu’un symbole ? Qu’est-ce qu’un archétype ?

C’est une représentation imagée qui permet de passer d’un état à un autre, d’appréhender sur le plan de l’inconscient ce qui peine à se faire consciemment. Quelque part, un symbole est une clef pour évoluer, et vous avez tous en vous un fabuleux trousseau qui se remplit au fil de vos expériences.

Aussi, notons que certains symboles véhiculent une représentation personnelle ayant trait à votre culture, à vos opinions (rêver d’une vache n’aura pas la même résonance pour un français qu’un indien) et des symboles ayant une représentation universelle, les archétypes.

Parmi ces archétypes, nous retrouvons notamment le Père et la Mère. Ainsi, lorsque le père et la mère prennent une majuscule, il n’est plus question de vos parents respectifs mais de principes qui animent la vie de tout un chacun. Le Père devient alors principe de séparation, de différence, de limite, de structure tandis que la Mère devient principe d’union, de fusion, de lien.

L’inconscient est protecteur

Aussi, il me semble important de faire une différence entre les figures parentales et les principes véhiculés par celles-ci car, lorsque les figures réelles disparaissent, les symboles eux continuent à vivre à l’intérieur de vous pour maintenir votre équilibre intérieur. Or, cette incorporation commence généralement bien avant la perte d’un parent. En effet, l’inconscient protecteur effectue un travail de préparation pour permettre à chacun de se structurer en l’absence de ses proches.

Aussi, une des facettes de ce travail est accessible au détour de l’activité onirique. Concrètement, l’intégration de ces principes passe par la mort symbolique des figures paternelle et maternelle. Des morts qui généralement marquent au réveil et peuvent se reproduire pendant un certain laps de temps, le temps nécessaire à l’évolution du regard intérieur de chacun.

Quand intégrons-nous ces symboles ?

Il est à noter que les itinéraires de vie sont variés et cette intégration symbolique peut se faire à un âgedans un ordre et dans des circonstances différentes (divorce, décès, perte d’un travail, fin d’étude ou encore création d’une entreprise, voyage sabbatique etc).

Finalement, si nous n’assimilons pas ces symboles au même moment ni au même rythme, nous avons tous une part inconsciente qui veille à notre équilibre psychologique.

Isabelle BLOSSE